Sélection poésie de janvier : Guy Debord et Sébastien Ayreault

Critiques publiées dans la page Poésie du cahier Livres & idées de La Croix du 09/01/2020

Ce n’est pas de la pluie

de Sébastien Ayreault

« Né à Cholet, Sébastien Ayreault vit et travaille aux États-Unis », est-il écrit en quatrième de couverture de son recueil. Pas besoin d’en savoir plus tant sa poésie nous happe. Entre des tranches de vie désabusées telles que « À raison de cinq cigarettes et deux bières/Pour pondre un truc de trois vers/Ça revient cher le poème » et des fulgurances comme « On ne peut compter sur rien/Même à l’infini. », les courts poèmes de ce Frenchie qui parle de Bashung et de Johnny pourraient être des répliques d’un film de Quentin Tarantino. Ils rappellent le style mordant de Richard Brautigan ou les haïkus de Jack Kerouac. Une poésie frappée, à lire joyeux en dégustant un bon whisky car « ce n’est pas de la pluie/C’est du soleil/Liquide ».

Au diable vauvert, 96 p., 7 €

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Poésie, etc.

de Guy Debord

Fou de lecture, l’auteur de La Société du spectacle possédait des milliers de livres. Sur chacun, il composait des fiches de citations annotées, dans lesquelles il puisait sans s’en cacher, enrichissant ses propres œuvres par des collages littéraires, spécialité de son groupe d’avant-garde, l’Internationale situationniste, durant les années 1960. Après Stratégie, le second volume de l’édition de ces fiches, centré sur la poésie au sens large, est une anthologie passionnée, faite pour servir : tous, des poètes classiques chinois à Melville, Dante, Shakespeare, ou Bernard de Clairvaux devant, un jour ou l’autre, participer à son projet révolutionnaire. Face à de telles convocations, on sourit à cette note d’Arthur Caravan « Allez-vous-en, petits spécialistes ».

Édition dirigée par Laurence Le Bras, Coll. La librairie de Guy Debord, L’échappée, 592 p. 24 €

Stéphane Bataillon

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