Timbuktu : analuse d’un nouveau magazine pour enfants sur iPad

Timbuktu est un tout nouveau magazine pour enfants de 5-10 ans, réalisé par une équipe italienne  : À la rédaction en chef, la journaliste Elena Favilli, anciennement éditrice associée du magazine Colors de Benetton et rédactrice en chef de son espace numérique, Colorslabs. La direction artistique est quant à elle assurée par Francesca Cavallo visiblement inspiré par les travaux du grand graphiste (et pédagogue) Bruno Munari. Très haut de gamme, Tumbuktu se rapproche de l’esprit du Mook français Bonbek, auquel il reprend le principe d’une grande thématique par numéro (“The Ice Issue” pour cette première). Particularité de ce nouveau titre, il ne dispose pas de sa version papier et n’est disponible que sur l’AppStore et en anglais afin d’être consulté (pour l’instant gratuitement) sur tablette iPad.

Petite présentation par ses concepteurs :

http://www.youtube.com/v/ueFJXu3o_PM?fs=1&hl=fr_FR&rel=0

L’équivalent d’une cinquantaine de pages/écran compose ce numéro, structuré en 9 rubriques (dossier, découverte, idées de sorties, histoire…). Avec un principe de navigation très classique (page à page, à l’exception de trois rubriques en lecture verticale) et un enrichissement multimédia assez léger ( 6 petites séquences audios, 1 vidéo d’animation et 1 vidéo live), Timbuktu joue l’économie et la grande sobriété. Trop peut être. Car si les pages sont d’une très grande qualité graphique, aucune interface n’est prévue pour naviguer ou se retrouver à l’intérieur du numéro. Une absence perturbante, oubliant l’importance extrême de la spatialisation de la lecture et de l’importance de l’objet-lieu dans les supports de lectures pour la jeunesse.

Autre remarque, sur le fond : les différentes rubriques du magazine ne s’adressent pas aux mêmes enfants : des fiches-découverte sur les animaux du froid, mêlant, autour de belles illustrations, une séquence audio humoristique et un texte documentaire, s’adressent plutôt aux 5-6 ans, lorsqu’un panoramique sur l’économie de la société indienne n’est pas adapté, dans son graphisme comme dans son texte, à un enfant de moins de 7 ans. Les dernières pages, au concept proche des séries de mode enfantine dans la lignée de Milk et des autres magazines spécialisés de ce type, persuadent du côté “vitrine” de l’entreprise, et d’une ligne éditoriale encore à affirmer pour séduire un public d’enfants.

Dernier petit détail, le courrier des lecteurs, “ask auntie Rita” reprend les codes et les typos des années 70, très en vogue en ce moment dans la presse parentale.

Au final, une initiative intéressante et séduisante, sur le terrain merveilleux, mais hélas difficile, de la presse pour enfants. Réalisé avec soin et passion, Timbuktu a beaucoup d’atouts. Reste un concept à affirmer. Bonne route, donc, sur les chemins de nos imaginaires !

Les + de Timbuktu :

– Des graphismes et une maquette très soignée et épurée (qui plaira, au moins, aux parents)

– Une lecture verticale intelligente, pour raconter

– Des astuces simples d’interactivité (un quiz donnant accès, selon la réponse, à un dessin humoristique), un objet à toucher pour déclencher une vidéo… Jamais plus d’une interaction possible par page, valorisant l’enrichissement.

Les – de Timbuktu :

– Pas de possibilité de se repérer dans les différentes rubriques (ni chemin de fer, ni retour au menu principal)

– Pas de cible ni de concept bien défini : les rubriques du magazines s’adressent soit à des 3-5 ans, soit à des 7-10 ans… soit à leurs parents.

 

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