William Shakespeare : vertiges de l’amour

Publiés en 1609, les 154 sonnets de William Shakespeare constituent l’un des sommets de la poésie amoureuse. Un amour qui sublime la litanie des jours. « Ce que je fais de mieux, c’est d’habiller d’anciennes paroles », avoue le grand poète. Mais ces paroles résonnent comme une leçon intemporelle, à la fois enflammée et pétrie d’expériences. La conscience permanente de la finitude, l’éphémère des beautés observées dans le miroir, la force de l’âme et le besoin de transmettre pour que ces poèmes ne soient pas les seules traces d’une existence.

La publication de cette très belle version audio offre à la traduction française de François Guizot, datant de 1830, une vitalité nouvelle. La voix calme de Laurent Natrella, sociétaire de la Comédie-Française, permet de laisser infuser ces paroles profondes, aux accents proches des traités antiques sur la conduite de la vie. Une sorte d’éthique en poésie, pour bien vivre le jour jusqu’au soleil couchant, lorsque l’on chuchote un secret au creux de l’oreille aimée.

Stéphane Bataillon

Les Sonnets, de William Shakespeare, lus par Laurent Natrella, 2  h  33, Thélème, en téléchargement, 18 €.

Article initialement publié dans La Croix L’Hebdo du 4 juillet 2020

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *