Y’a des licules

Y’a des licules dans ma tête !
Des fois ça m’gratte et ça m’embête.

Y’a des licules dans ma tête !
Quand elles chutent sur l’épaulette,
Je m’retrouve un p’tit peu bête.

Y’a des licules dans ma tête !
" Il a neigé ce matin ! "
Me disent souvent les copains.

Y’a des licules dans ma tête !
Même avec un bon shampoing
Elles se dév’loppent en un rien

Y’a des licules dans ma tête !
Et je veux pas que ça s’arrête,
Car tous les jours, c’est la fête !

Wiztern (2)

L’apprenti cow-boy John Liverpool
Entra dans le saloon
Pour commander une fraise glacée.

Billy the Kid,
Courroucé d’être concurrencé
Prit l’énorme shaker
Pour le lui faire manger.

Voyant venir le danger
John sauta par dessus le comptoir
Et lança en pleine poire
La fraise encore gelée.

– Hey ! Cocktail de fruits à ta santé !
Dit-il au Kid assommé.

Quel farceur, ce John Liverpool !

Wiztern (1)

Au pied du Mont Shiprock
Les hommes-bison s’agitaient
Autour du caillou sacré.

Tout en haut de la montagne,
 John Liverpool, apprenti cow-boy
S’appuya par mégarde contre un très gros rocher.

Ce fût leur dernière danse.

Quel farceur, ce John Liverpool !

Capitaine Crapeau

Embarqué par mégarde sur ce nénuphar volant,

Buster essayait par tous les moyens de raisonner le Capitaine Crapeau.

Il fallait faire dévier son fabuleux vaisseau, car un gros nuage noir arrivait illico.

– Il n’est pas question de faire machine arrière ! Cria Crapeau. Le château de Margot n’est plus qu’à quelques rôts.

– Capitaine, votre entêtement nous conduira à la ruine !

– Qu’importe la fortune! Ma fierté est en jeu !
A peine le capitaine eut-il finit sa phase que le premier éclair toucha son crâne vert.

Buster se saisit du gouvernail.

Le nénuphar changea brusquement de direction et fut éjectée de la zone sinistrée.

Crôa !

Jump Jump

 

La grenouille
Qui saute dans la mare
En a marre
De bondir sans crier gare
Sur n’importe quel nénuphar
Pour semer le crocrodile-cougar !

 

L’utopie

L’utopie, c’est le rêve.
Mais on ne rêve plus
Les fées ont disparu
Sans demander de trêve

L’utopie, c’est le rêve
Mais on ne se voit plus
En chevalier errant
On part déjà perdant

C’est vrai, c’est pas marrant.

Mustarde Hero

Dès qu’il saisit son couteau
Et le plonge dans le pot,
La corbeille à pain frémit.
Les croutons craignent pour leurs mies.

Affamé, il met la dose
Du condiment vinaigré
Quand soudain, sa bouche explose
Sous les graines d’épices dorées.

Il ferme les yeux, il pleure,
Résiste, refuse le verre d’eau
Et tous alors chantent en coeur :
Vive le Moutarde Héros !

Le mot

Il n’avait plus qu’un mot pour terminer sa page.
Un mot léger, le mot nuage.
Mais sur les marges du cahier,
Impossible de les coucher.

A chaque essai, les lettres s’estompaient
Le laissant sans amarres, au coeur d’une marée noire.
Il rassembla ses forces pour mettre un point final
Puis un autre,
un autre,
un autre encore.
Ca devait être écrit !
Ca y est, c’était fini !

Et non. Aucun nuage.

Réveil.

Boom !

La TNT, nouvelle télé.
Ecrin pixelisé
Ecran tout en HD.

Le numérique se fait terrestre.
Orgies d’images sans compter
Plaisirs multidiffusés.
C’est explosif, la TNT !

Pétard mouillé ?

Les écharpes se défont
La foule sue, sent pas bon
Les taxis roulent, klaxons.

Aux abords du Grand Palais
L’herbe respire – C’est gai !
Les passants détendus
Ne se recroquevillent plus

C’est l’printemps
J’suis content.

Acte II

C’est en marchant jusqu’au tournant

Que sa vie prit un tournant

En la rencontrant.