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L’effondrement #5

Je suis sorti dehors pour m’aérer la tête. J’entre dans le parc. Il fait presque nuit. J’entends le gardien qui siffle la fermeture des portes dans l’entrée sud. J’enlace un arbre. J’enlace celui ne me repoussera pas. De ses racines. De son tronc. De sa première branche au dessus de ma tête, je le supplie de me soutenir. D’avaler les paroles. Les cris. Les regards fuyants et les mauvais silences. Ceux durant lesquels ont prend conscience que quelque chose cloche sans savoir ni quoi ni quoi faire. D’oublier. De s’unir, rien qu’une fois. Parce qu’on sera plus forts. On sera plus fort qu’elle. Qu’eux. Ils ne comprennent pas comment ce qui est différent de soi-même s’accorde avec soi-même. Et l’autre qui rapplique pour me dire d’avance que des grilles nous séparent. Ces putains de grilles forgées par nos larmes de sève.

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L’effondrement. Un feuilleton conçu à partir des Fragments d’Héraclite. Dessin : Saint Oma. Texte : Stéphane Bataillon.

Publié dans L'effondrement

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