Jeu

Ce ne sont pas les mots
ni l’éclat des silences
dont ils ont eu la garde

Mais la disposition
à caler au plus proche.

Demeures (à Yvon Le Men)

Ceux qui entrent
savent pourquoi

Ils ont déjà le pain

Juste le blanc de la neige

Ils viennent pour ressentir
ce que serait leur vie

Dénudée comme.

 

Belle lecture du week-end : Mes demeures en Bretagne, un « livre d’heures » où Yvon Le Men raconte son parcours maintenu, malgré les intempéries, au cœur de la poésie. Une écriture proche et fraternelle qui donne envie, encore, de se lier d’amitié. Aux mots. Aux autres hommes. Pour un bonheur fragile.

Mes demeures en Bretagne, Yvon Le Men, avec des peintures d’Alejandro Vargas Aedo, ed. Naïve, 2012, 64p, 8 euros

Jacques Réda : jazz, physique et poésie

En ces beaux jours, propices aux vagabondages, je vous conseille, à la suite de mon compère François-Xavier Maigre, l’écoute de cette longue rencontre avec Jacques Réda, diffusé récemment sur France Culture. L’occasion d’entendre la voix d’un poète majeur, amoureux inconditionnel de Jazz et grand curieux de physique. Tout en déambulations.

Suspension

John john le parachutiste venait de se rendre compte, mais un peu tard,
que l’expression « On donne tout, on lâche rien » pouvait porter à confusion.

Les retrouvailles

Pas vieillir.

Mais retrouver le temps
de la danse contrainte

Ces premiers pas d’un monde
qu’il faudrait inventer.

Garbage evolution : une visite au muséum

Discussion tranquille devant la hyène. Le gardien me raconte les gens qui volent les queues, qui arrachent les cornes, qui déplument les oiseaux. On a dû retirer le grand rhinocéros et rapiécer le lion. Les enfants touchent, s’immiscent. Et les parents ne disent rien avant qu’il n’intervienne. Alors, ils vont mettre une vitre tout autour. Enfin, peut-être, parce qu’ici, il y a trop de chefs et trop de désaccords. De toute manières, les gens ne respectent plus rien. Garbage evolution.

Conduite

Demeurer dans le flux
à vitesse moyenne

Se retirer sans bruit
pour ne plus prendre part

Et que la consistance
vienne de notre effacement

Laissant portes ouvertes.