Les trajectoires

On n’avait jamais cru
que ça nous arriverait
On n’avait jamais vu
des victimes d’aussi près

On espérait toujours
les paroles révolues
On se disait l’amour
est un peu notre dû.

On repasse le film
inscrit dans notre chair
On explique les crimes
pour en faire notre affaire

Et suspendre l’envol
d’un futur rêvé
Et craindre que le sol
se fissure à nos pieds

Alors, alors ensemble
Alors, alors on tremble
Alors, alors ce soir
Alors, alors l’espoir

On a eu de la haine
à la force des peurs
Du sang sur les persiennes
épongé par les pleurs

On veut prendre les armes
dans cette trop grande chaleur
Sur un charnier de larmes
nous soignons la douleur

Alors, alors ensemble
Alors, alors on tremble
Alors, alors ce soir
Alors, alors l’espoir

Et je t’ai regardé
toi l’enfant de Syrie
D’un pays oublié
à qui je dois la vie

Et soudain j’ai pensé
à tes rêves endormis
Aux amours effleurés
qu’on ne t’a pas permis

Alors, alors ensemble
Alors, alors on tremble
Alors, alors ce soir
Alors, alors l’espoir

Alors, alors ensemble
Alors, alors on tremble
Alors dans ce noir
Une lueur et l’espoir.

À mes arrières grands-parents syriens.

Blue lagoon

Après ma tasse de Darjeeling
soudain mon cœur se Grenadine
comme dans Pirate des caraïbes
des îles remplies de carakibs

Sous le soleil des plages ambrées
Le rhum vieux commence à taper
Avec les tortues on nage
L’après-midi on est en nage.

Blue Lagoon Blue Lagoon
Sur la terre des Arawaks
Les noix de coco jouent les cracks.

Blue Lagoon Blue Lagoon
Au rythme d’un rastafari
Dansent les enfants de Sainte Lucie.

Le Robinson des Assedic

Encore en r’tard au rendez-vous
J’ai dû prendre mes jambes à mon cou
À l’autre bout de l’univers
C’est sévère.

Avant d’avoir quelques problèmes
J’voulais poster ma lettre de dem’
Le stylo a fui dans ma poche
Comme c’est moche.

Avec mon costume bleu éclair
J’ai plus l’air d’un foudre de guerre
Car sous l’soleil des cocotiers
On s’fout un peu de ton C.V.

J’suis viré, j’suis viré
Mes ennuis n’font que commencer

J’suis viré, j’suis viré
Mais j’ai la vie pour m’requinquer.

Ohé !

La douche

Je me déssape sans y penser
J’entre et je tourne le robinet
Le choc thermique m’fait reculer
J’pense au soleil de Montagné.

Je prend ma douche,
L’eau m’éclabousse,
Et je commence ma journée.

Je prend ma douche,
L’eau m’éclabousse,
Faut ça pour s’lever du bon pied !

Le savon au parfum d’Anis
Glisse dans un petit interstice
de mes deux pieds encore souillés
Y’a pas d’justice, je dois m’baisser.

Je prend ma douche,
L’eau m’éclabousse,
Et je commence ma journée.

Je prend ma douche,
L’eau m’éclabousse,
Faut ça pour s’lever du bon pied !

Quand soudain une coupure pas douce,
Prive mon cher pommeau de son eau.
Savolinant, je sors en douce
Glisse et m’étale sur le dos.

J’ prendrai plus d’douche,
L’eau m’file la frousse,
Tant pis pour les odeurs de pieds.

J’ prendrai plus d’douche,
L’eau m’file la frousse,
Faut ça pour garder la santé !

Dès qu’on tourne la tête

Dès qu’on tourne la tête,
On change d’horizon.
Du mur en gris béton
Nos yeux se posent en fête
Sur le ciel et les monts

Dès qu’on tourne la tête
On remue nos passions.
Hier si fortes, si nettes
Elles s’estompent doucement,
L’anguille suit le courant.

Dès qu’on tourne la tête
On a peur d’oublier
Le goût des fraises sucrées.
Mais le regard tourné
La liberté nous guette.

Si on tourne trop la tête,
Soudain elle se dévisse
Et toutes nos pensées glissent
Sur le sol, c’est trop bête.

Morceaux choisis

Des bouts de scotch
Des chaussettes moches.

Touillettes en plastique
Meubles asymétriques.

Tuyau de chaudière
Noeud dans les artères.

Pellicules lubriques
Colliques néphrétiques.

Poils de hamster
et petites cuillères

Tout ça…
ben, c’est à moi !
Tout ça,
J’le garde chez moi.
Tout ça,
P’tits bouts d’ma vie.
Petits morceaux choisis.

Lentilles de jumelles
Collier de dentelle.

Trombone déformé
Bonbone encastrée.

Vieux papier mâché
Caillou du Pirée.

DVD brisé
Molard tout séché.

Carnet gribouillé
Et jeans délavés.

Tout ça…
ben, c’est à moi !
Tout ça,
J’le garde chez moi.
Tout ça,
P’tits bouts d’ma vie.
Petits…

Morceaux pourris !

Laissez-moi

Je suis le cadre sup de service
Toujours à attendre en coulisses
Qu’on veuille bien me passer le plat
Si possible sans faire de faux pas

Mais laissez-moi…
Mais laissez-moi

Si j’ai encore quelques illusions
C’est moins bien vu, c’est pas d’bon ton
Maintenant il faut être responsable
Et je me doit d’être imppecable.

Mais laissez-moi…
Mais laissez-moi.

Il faut que je reste branché
Et sans frémir, sans sourciller
Fournir de l’éléctricité
A ces vieux vampires assoiffés.

Mais laissez-moi…
Mais laissez-moi.

Je sais bien kc’est indispensable
Oui, mais c’est k’moi…
J’ai pas d’portable !

Alors laissez-moi
Courir les champs
et rigoler,
et m’amuser,
et m’dégriser

Alors laissez-moi
me gondoler
m’réenchanter
Rire aux éclats…

Mais lâchez-moi !

Chanson à texte

Bala bili lou la baba bibi lou
Chabadabada Badibadoula
Chabada bada

Chanson à texte…

Limilou chabadida
Ladomi chabadadi
Baboudou bi da

Chanson à texte…

Chabadou badou
Di dou la dida
Silesi sila

Chanson à texte…
Je te détexte.

Un café et l’addition

Le long d’la rue de Rivoli
Y’a pleins de très chics brasseries
Qui affichent complaisamment
Leurs clientèles au teint brillant.

On entre, les serveuses sont pressées.
C’est déjà plus l’heure du sucré.
Quelques vieilles dames embijoutées
Dans les boiseries dégustent leur thé.

Un café, et l’addition
On ne s’ra pas pris pour des cons.

Un grand serveur fait le cerbère
Et nous cache toute la lumière
On veut sortir, il dit « Restez !
Je vais vous servir un parfait.
»

Un café, et l’addition
On ne s’ra pas pris pour des cons.

Final’ment on cède, on rajuste
Nos plans gastro-horodatés
Et on se dit qu’la vie de luxe
Vaut bien quelques contrariétés.

Un café, et l’addition
On ne s’ra pas pris pour des cons.
Un café, et l’addition
Nous ce qu’on veut…
C’est du jambon !

Il faut qu’ça chante !

Dans les cours d’écoles maternelles
Pendant les cours particuliers
Roland Garros et ritournelles
Fredonnées aux Champs-Élysées

Il faut qu’ça chante !

Dans les backrooms
Dans les ruelles
Les lampadaires mal éclairés
Diffusent les refrains infidèles
Des filles des gars désemparés

Il faut qu’ça chante !

Au sein des partis politiques
Dans les meeting, les tribuns
Mettant leur ego en musique
Entonnent en levant leurs poings :

Il faut qu’ça chante !

Il faut qu’ça
chante chante chante chante chante
Il faut qu’ça chante !

Il faut qu’ça chante !

‘vant qu’ça déchante !

Si j’étais un moustique…

Si j’étais un moustique,
J’attendrais qu’il fasse noir,
Planqué dans un placard,
Pour commettre mon forfait.

Si j’étais un moustique,
J’éviterais les regards
Et foncerais dare dare
Dans les plis des draps frais.

Si j’étais un moustique,
Je me régalerai
Du sang un peu sucré
De ce corps allongé.

Mais j’suis pas un moustique,
Et c’est moi que l’on pique.
Il est trois heures du mat…
Et je vais le buter !

 

Extempo

Pendant qu’il chante sur scène
Le public tire d’un chapeau
Un petit papier sans gène
Où sont marqués quelques mots

L’Europe, les Princes ou la Cène
Rien que des thèmes très chauds
Le Calypsonian joue gros
Il embraye sur le tempo

Extempo, Extempo
Trinidad et Tobago
Rigolo, toujours beau,
C’est l’essence du Calypso

Extempo, Extempo
Plus fort que Mighty Sparrow
Ca tombe juste, jamais trop
C’est l’impro du Calypso.

Pour en savoir plus

Chansouterraine

A la station Franklin Roosevelt,
Dans les couloirs les filles sont sveltes
Y’a un joueur de Xylophone
A chaque note mes oreilles bourdonnent

A la station Franklin Roosevelt,
Y’en a des qui rigolent bien
D’autres qui font une gueule de trois mètres
Et encore d’autres qui pensent à rien

A la station Franklin Roosevelt,
Des touristes sapés en Cardin
Crient leur amour des Parisiens
Et ratent de très peu leur train.

Et puis à Franklin Roosevelt,
Il y a toi, seule sur le quai,
Qui comme une petite fille blessée
Attends une rame moins bondée.

Y’a des licules

Y’a des licules dans ma tête !
Des fois ça m’gratte et ça m’embête.

Y’a des licules dans ma tête !
Quand elles chutent sur l’épaulette,
Je m’retrouve un p’tit peu bête.

Y’a des licules dans ma tête !
" Il a neigé ce matin ! "
Me disent souvent les copains.

Y’a des licules dans ma tête !
Même avec un bon shampoing
Elles se dév’loppent en un rien

Y’a des licules dans ma tête !
Et je veux pas que ça s’arrête,
Car tous les jours, c’est la fête !

Jump Jump

 

La grenouille
Qui saute dans la mare
En a marre
De bondir sans crier gare
Sur n’importe quel nénuphar
Pour semer le crocrodile-cougar !