Il y a des oiseaux (maquette)

Il y a des oiseaux
et il y a des villes

Des villes dans les oiseaux
des oiseaux dans les villes

Des couvertures qui traînent
aux couleurs pastels

Une ou deux chaises vides
et des morceaux de ciels

Ce soir il y a toi
qui d’un je ne sais quoi
semble repousser le temps
de rentrer dans la danse

Ce soir il y a moi
qui n’ose peut-être pas
faire le premier pas
qui forcerait la chance

Il y a des oiseaux
et il y a des villes

Le chant de ces oiseaux
derrière le bruit des villes

Des couvertures qui traînent
tristes de ne plus servir

À réchauffer les corps
des couples en devenir

Que faudrait-il dire
pour briser la cadence ?
Pour réduire l’écart
creusé par leurs absences ?

Nous pourrions être heureux
partager cette danse
Refaire confiance, un peu
s’offrir une nouvelle chance

La lala la la lala
La lala la la biba
La lala la la lala
la lala la la lala

Mais il y a les oiseaux
et il y a les villes

Des villes dans les oiseaux
des oiseaux dans les villes

Des univers qui traînent
leurs couleurs pastels

qui ne se mélangent pas
malgré une pointe de ciel

Il y a deux oiseaux
et il y a une ville

Une ville et deux oiseaux
sourds aux bruits de la ville

Des couvertures qui traînent
aux couleurs pastels

Deux vieilles chaises vides
pour un morceau de ciel.

Trace

Ils te disent que c’est impossible
que ça ne marche jamais comme ça
l’utopie c’est inaccessible
l’injustice elle demeurera

Ils te disent qu’ils sont solidaires
mais faut avoir les pieds sur terre
tes idées, ils sont tous d’accord
mais p’tit, apprends la vie d’abord

Mais toi, tu ne comprends pas
pourquoi ils ont baissé les bras
pourquoi les rires de leur jeunesse
ne résonnent plus dans la pièce

 

Alors trace
sans jamais de trêve
poursuis-le ton rêve
ne les écoute pas

Trace
refuse leurs errances
impose ta chance
ils ne bougeront pas

C’est possible, c’est là, au bout de tes pas
C’est possible, c’est là, ça n’attend que toi

Ils disent grandir, c’est renoncer
alors mieux vaut tout oublier
toutes ces envies d’enfant gâté
ne te feront pas avancer

Si tu t’obstines à continuer
tu vas bientôt te fracasser
faut t’habituer, le ciel est bas
sinon on te mettra au pas

Mais toi, tu ne comprends pas
comment ils sont arrivés là
qu’est-ce qui fait perdre un idéal
au fil d’une vie, est-ce si banal ?

Alors trace
sans jamais de trêve
poursuis-le ton rêve
ne les écoute pas

Trace
refuse leurs errances
impose ta chance
ils ne bougeront pas

C’est possible, c’est là, au bout de tes pas
C’est possible, c’est là, ça n’attend que toi

Trace
sans jamais de trêve
poursuis-le ton rêve
ne les écoute pas

Trace
refuse leurs errances
impose ta chance
nous on te suivra

C’est possible, c’est là, au bout de tes pas
C’est possible, c’est là, moi je crois en toi.

Dors

Elles sont rares les occasions
pour entrer en relation
dans les rues de ce quartier
aux pavillons déprimés

Il a suffit d’un regard
pour illuminer le bar
pas besoin d’années d’études
pour surprendre nos solitudes

dors, dors
c’est vrai on a beaucoup parlé
on s’est surpris à s’effleurer
on a fini par s’enchanter

dors, dors
profite du petit matin
ne gâche pas l’or entre nos mains
d’une caresse qui nous retiens

On aimerait aller si vite
crier au monde, prendre la fuite
mais nos mauvaises expériences
nous ont appris la prudence

On dit l’amour / ne dure qu’un temps
alors autant / prendre le temps
de panser toutes ces blessures
pour fendre enfin les armures

Alors dors, dors
l’heure n’est pas encore venue
de mettre nos deux cœurs à nus
entre nos corps
qui s’évertuent

Dors, dors
on attendra d’autres matins
pour s’embarquer dans l’aventure
pour prendre la mer
pour que ça dure

Dors, dors
l’heure n’est pas encore venue
de mettre nos deux cœurs à nus
entre nos corps
qui s’évertuent

Dors, dors
on attendra d’autres matins
pour s’embarquer dans l’aventure
pour prendre la mer
et que ça dure.

Western 5G (maquette TB)

Ingénieurs diplômés experts en fausse réalité
Ils nous ont géolocalisé en 4 et 5 G
Puis ils ont débarqué avec leurs millions de webcams
Puis ils ont commencé à nous fournir toute leur came

On s’est très vite habitué à tous ces plaisirs futiles
on s’est mis à liker tous nos selfies inutiles
tout contents, nous étions / si fiers d’être reconnus
eux ils en profitaient / pour mettre nos vies à nu

Comme les indiens nous on va / déterrer le calumet
Vie privée n’entrez pas c’est pas en vente sur ebay
Attention plus un pas c’est notre Fort Knox, notre délivrance
Nos désirs sont cryptés en datacenters d’espérance

On passait notre temps à suivre le moindre clash
on avait pas compris que c’était nous les Apaches
Que les dés, dès l’départ, étaient pipés pour qu’ils nous pistent
Toutes les données de nos vies hackées au bout de la piste

Quand on s’est réveillé, notre face était repérée
Quand on s’est réveillé on étaient tous blacklistés
Nos visages, nos figures, tous numérisées
Tous fichés, tous pillés, c’est les cowboys qui ont gagné

Comme les indiens nous on va / déterrer le calumet
Vie privée n’entrez pas c’est pas en vente sur ebay
Attention plus un pas c’est notre fort knox, notre délivrance
Nos désirs sont cryptés en datacenters d’espérance

Comme les indiens on peindra des couleurs sur nos visage
On se camouflera pour éviter tous les traçages
Intimité numérique, on active le droit de réserve !

 

Maquettes (chantées par T.Bataillon) :

 

Tant de choses à faire (suite pour fuite)

On veut faire
veut bien faire
tant de choses à faire

On fait ses premiers pas
on fait ses premières dents
de loup à pas comptés

On fait de grandes études
on fait de beaux bébés
assurances négociées

On veut faire
veut bien faire
tant de choses à faire

Après construction
on verse la pension
c’est dur l’amour sans fondations

On a fait carrière
et on crie misère
à cette bande de pauv’cons

On veut faire
veut bien faire
y’a que ça à faire

On veut faire
veut bien faire
mais rien à faire

Alors tout larguer
et se délester
comme une fille de l’air

Traverser les prés
le pied au plancher
loin de la galère

On veut faire
veut bien faire
y’a que ça à faire

On veut faire
veut bien faire
mais rien à faire

On veut faire
veut bien faire
c’est plus mon affaire.

Seconde chance

Il y a une blessure
caché entre tes bras
tu me dis, tu me jures
qu’on t’y reprendras pas

Au-delà des fêlures
presque au-delà de moi
quelque chose m’assure
d’avoir confiance en toi

Il y a une blessure 
caché entre tes bras
les faits ont la peau dure
quand les hommes font la loi

Et malgré les cassures
et malgré ce grand froid
quelque chose m’assure
d’avoir confiance en toi

Et malgré les brisures
du temps passé par là
quelque chose m’assure
de tomber dans tes bras.

Car pour tout dire

On est jamais très sûr
de faire les bons choix
on doute, on se rassure
on se dit quand même pas

Et puis la bête immonde
grimpe dans les interstices
de nos rêves éveillés

Et puis le tonnerre gronde
jusqu’à ce précipice
où je te vois tomber

J’espère simplement

Que le fracas des armes
ne t’entamera pas

Que le torrent de larmes
réveillera ta voix

J’espère simplement

Que ces coulées de haine
épargneront tes mains

Que nous nous retrouverons
pour un nouveau matin

Refrain :
Car pour tout dire
il en faut tellement peu
pour être malheureux

Car pour tout dire
il en faut tellement peu
pour maudire les cieux

On est jamais très sûr
de faire les bons choix
on doute, on se rassure
on se dit pourquoi pas

Mais quand les mots de grêle
s’abattent comme un blasphème
sur ton sourire léger

Quand tu coupes tes ailes
pour cet autre soleil
au cœur calciné

J’espère simplement

Que tu sauras redire
nos poèmes tout bas

Que les fils barbelés
ne t’entailleront pas

pont

J’espère simplement

Qu’à l’orée d’une clairière
le silence t’emplira

J’espère simplement
que tu t’en sortiras

Refrain :

Car pour tout dire
il en faut tellement peu
pour être malheureux

Car pour tout dire
il en faut tellement peu
pour maudire les cieux

Car pour tout dire
il en faut tellement peu
pour être malheureux

Car pour tout dire
il en faut tellement peu
pour te perdre des yeux.

Les trajectoires

On n’avait jamais cru
que ça nous arriverait
On n’avait jamais vu
des victimes d’aussi près

On espérait toujours
les paroles révolues
On se disait l’amour
est un peu notre dû.

On repasse le film
inscrit dans notre chair
On explique les crimes
pour en faire notre affaire

Et suspendre l’envol
d’un futur rêvé
Et craindre que le sol
se fissure à nos pieds

Alors, alors ensemble
Alors, alors on tremble
Alors, alors ce soir
Alors, alors l’espoir

On a eu de la haine
à la force des peurs
Du sang sur les persiennes
épongé par les pleurs

On veut prendre les armes
dans cette trop grande chaleur
Sur un charnier de larmes
nous soignons la douleur

Alors, alors ensemble
Alors, alors on tremble
Alors, alors ce soir
Alors, alors l’espoir

Et je t’ai regardé
toi l’enfant de Syrie
D’un pays oublié
à qui je dois la vie

Et soudain j’ai pensé
à tes rêves endormis
Aux amours effleurés
qu’on ne t’a pas permis

Alors, alors ensemble
Alors, alors on tremble
Alors, alors ce soir
Alors, alors l’espoir

Alors, alors ensemble
Alors, alors on tremble
Alors dans ce noir
Une lueur et l’espoir.

À mes arrières grands-parents syriens.

Blue lagoon

Après ma tasse de Darjeeling
soudain mon cœur se Grenadine
comme dans Pirate des caraïbes
des îles remplies de carakibs

Sous le soleil des plages ambrées
Le rhum vieux commence à taper
Avec les tortues on nage
L’après-midi on est en nage.

Blue Lagoon Blue Lagoon
Sur la terre des Arawaks
Les noix de coco jouent les cracks.

Blue Lagoon Blue Lagoon
Au rythme d’un rastafari
Dansent les enfants de Sainte Lucie.

Le Robinson des Assedic

Encore en r’tard au rendez-vous
J’ai dû prendre mes jambes à mon cou
À l’autre bout de l’univers
C’est sévère.

Avant d’avoir quelques problèmes
J’voulais poster ma lettre de dem’
Le stylo a fui dans ma poche
Comme c’est moche.

Avec mon costume bleu éclair
J’ai plus l’air d’un foudre de guerre
Car sous l’soleil des cocotiers
On s’fout un peu de ton C.V.

J’suis viré, j’suis viré
Mes ennuis n’font que commencer

J’suis viré, j’suis viré
Mais j’ai la vie pour m’requinquer.

Ohé !

La douche

Je me déssape sans y penser
J’entre et je tourne le robinet
Le choc thermique m’fait reculer
J’pense au soleil de Montagné.

Je prend ma douche,
L’eau m’éclabousse,
Et je commence ma journée.

Je prend ma douche,
L’eau m’éclabousse,
Faut ça pour s’lever du bon pied !

Le savon au parfum d’Anis
Glisse dans un petit interstice
de mes deux pieds encore souillés
Y’a pas d’justice, je dois m’baisser.

Je prend ma douche,
L’eau m’éclabousse,
Et je commence ma journée.

Je prend ma douche,
L’eau m’éclabousse,
Faut ça pour s’lever du bon pied !

Quand soudain une coupure pas douce,
Prive mon cher pommeau de son eau.
Savolinant, je sors en douce
Glisse et m’étale sur le dos.

J’ prendrai plus d’douche,
L’eau m’file la frousse,
Tant pis pour les odeurs de pieds.

J’ prendrai plus d’douche,
L’eau m’file la frousse,
Faut ça pour garder la santé !

Dès qu’on tourne la tête

Dès qu’on tourne la tête,
On change d’horizon.
Du mur en gris béton
Nos yeux se posent en fête
Sur le ciel et les monts

Dès qu’on tourne la tête
On remue nos passions.
Hier si fortes, si nettes
Elles s’estompent doucement,
L’anguille suit le courant.

Dès qu’on tourne la tête
On a peur d’oublier
Le goût des fraises sucrées.
Mais le regard tourné
La liberté nous guette.

Si on tourne trop la tête,
Soudain elle se dévisse
Et toutes nos pensées glissent
Sur le sol, c’est trop bête.

Morceaux choisis

Des bouts de scotch
Des chaussettes moches.

Touillettes en plastique
Meubles asymétriques.

Tuyau de chaudière
Noeud dans les artères.

Pellicules lubriques
Colliques néphrétiques.

Poils de hamster
et petites cuillères

Tout ça…
ben, c’est à moi !
Tout ça,
J’le garde chez moi.
Tout ça,
P’tits bouts d’ma vie.
Petits morceaux choisis.

Lentilles de jumelles
Collier de dentelle.

Trombone déformé
Bonbone encastrée.

Vieux papier mâché
Caillou du Pirée.

DVD brisé
Molard tout séché.

Carnet gribouillé
Et jeans délavés.

Tout ça…
ben, c’est à moi !
Tout ça,
J’le garde chez moi.
Tout ça,
P’tits bouts d’ma vie.
Petits…

Morceaux pourris !

Laissez-moi

Je suis le cadre sup de service
Toujours à attendre en coulisses
Qu’on veuille bien me passer le plat
Si possible sans faire de faux pas

Mais laissez-moi…
Mais laissez-moi

Si j’ai encore quelques illusions
C’est moins bien vu, c’est pas d’bon ton
Maintenant il faut être responsable
Et je me doit d’être imppecable.

Mais laissez-moi…
Mais laissez-moi.

Il faut que je reste branché
Et sans frémir, sans sourciller
Fournir de l’éléctricité
A ces vieux vampires assoiffés.

Mais laissez-moi…
Mais laissez-moi.

Je sais bien kc’est indispensable
Oui, mais c’est k’moi…
J’ai pas d’portable !

Alors laissez-moi
Courir les champs
et rigoler,
et m’amuser,
et m’dégriser

Alors laissez-moi
me gondoler
m’réenchanter
Rire aux éclats…

Mais lâchez-moi !

Chanson à texte

Bala bili lou la baba bibi lou
Chabadabada Badibadoula
Chabada bada

Chanson à texte…

Limilou chabadida
Ladomi chabadadi
Baboudou bi da

Chanson à texte…

Chabadou badou
Di dou la dida
Silesi sila

Chanson à texte…
Je te détexte.

Un café et l’addition

Le long d’la rue de Rivoli
Y’a pleins de très chics brasseries
Qui affichent complaisamment
Leurs clientèles au teint brillant.

On entre, les serveuses sont pressées.
C’est déjà plus l’heure du sucré.
Quelques vieilles dames embijoutées
Dans les boiseries dégustent leur thé.

Un café, et l’addition
On ne s’ra pas pris pour des cons.

Un grand serveur fait le cerbère
Et nous cache toute la lumière
On veut sortir, il dit « Restez !
Je vais vous servir un parfait.
»

Un café, et l’addition
On ne s’ra pas pris pour des cons.

Final’ment on cède, on rajuste
Nos plans gastro-horodatés
Et on se dit qu’la vie de luxe
Vaut bien quelques contrariétés.

Un café, et l’addition
On ne s’ra pas pris pour des cons.
Un café, et l’addition
Nous ce qu’on veut…
C’est du jambon !

Il faut qu’ça chante !

Dans les cours d’écoles maternelles
Pendant les cours particuliers
Roland Garros et ritournelles
Fredonnées aux Champs-Élysées

Il faut qu’ça chante !

Dans les backrooms
Dans les ruelles
Les lampadaires mal éclairés
Diffusent les refrains infidèles
Des filles des gars désemparés

Il faut qu’ça chante !

Au sein des partis politiques
Dans les meeting, les tribuns
Mettant leur ego en musique
Entonnent en levant leurs poings :

Il faut qu’ça chante !

Il faut qu’ça
chante chante chante chante chante
Il faut qu’ça chante !

Il faut qu’ça chante !

‘vant qu’ça déchante !

Si j’étais un moustique…

Si j’étais un moustique,
J’attendrais qu’il fasse noir,
Planqué dans un placard,
Pour commettre mon forfait.

Si j’étais un moustique,
J’éviterais les regards
Et foncerais dare dare
Dans les plis des draps frais.

Si j’étais un moustique,
Je me régalerai
Du sang un peu sucré
De ce corps allongé.

Mais j’suis pas un moustique,
Et c’est moi que l’on pique.
Il est trois heures du mat…
Et je vais le buter !