S’arrêter pour fixer
l’image sur nos rétines

Décider qu’elle sera
témoignage de l’enfance

Qu’on la protègera
des autres effondrements

Il y a longtemps déjà.

 

Instapoem >> Une série de photopoèmes avec les photographies de MrFreakz (aka Damien Giard) réalisées avec Instagram. Pour découvrir ses autres créations  : http://statigr.am/mrfreakz

 

Mildrey du Club des lecteurs numériques livre sa critique de mon premier recueil de micronouvelles exclusivement publié en numérique « La mauvaise troupe ».

La mauvaise troupe de Stéphane Bataillon Lu par Mildrey

Comme la couverture le mentionne, ce petit livre  numérique de 70 pages regroupe 65 contes brefs.

Ces mini-contes m’ont parfois fait penser aux haïkus japonais. On retrouve le même format court, avec pas mal de non-dits qui font tout le charme de ce genre de texte. D’autres fois, j’ai eu l’impression d’entendre Raymond Devos jouer avec les mots à nouveau. Il y a pas mal de pirouettes langagières, d’humour cocasse dans cet ebook.

On sent que l’auteur maîtrise les mots et s’en amuse.  J’ai pris plaisir à lire et relire certains contes essayant de trouver le sens caché derrière chacun d’eux. Même si j’ai apprécié la brièveté de ces contes, je regrette de ne pas pouvoir juger le potentiel de l’auteur sur un plus long texte.

Pour conclure, je dirais que La mauvaise troupe est un bon recueil de contes. Ceux-ci nous amusent, nous intriguent ou nous attristent. Dommage qu’ils ne sont pas plus nombreux ! On déplorera aussi que le livre ne soit disponible que sur Kindle et empêche donc les possesseurs d’autres liseuses de pouvoir se le procurer.

L’auteur a également écrit Où nos ombres s’épousent, un recueil de poésie publié aux éditions Bruno Doucey.

Retrouvez le livre au format Kindle sur la boutique d’Amazon.

Ma note : 7,5/10

 

Bientôt ce sera…
fini.

C’est drôle

On ne compte plus le temps

Comme si l’échéance
avait rapetissé.

 

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Amis de l’ornithorynque, bonjour.

Un nouveau magazine musical va sortir. Un magazine d’un nouveau genre, couvrant tous les genres, justement. Tentant de montrer comment et de mille manières la musique change le monde. Ce sera bimestriel, en kiosques et nous avons la chance de faire partie de l’équipe de cette nouvelle grande (que dis-je, immense) aventure de presse. Dès février prochain, vous pourrez donc nous y retrouver pour un feuilleton-chronique à la découverte des grandes figures de la musique concrète et minimaliste. Ce sera simple et grand. Et cela s’appellera « Minimal Stadium ». Nous vous reparlerons de tout ça le moment voulu. En attendant, quelques vidéos sur celui qui aura l’honneur d’inaugurer cette rubrique : Max Richter, compositeur allemand contemporain, auteur, notamment, de la bande originale du film « Valse avec Bachir ». Embarquement immédiat avec interview, concerts et making-of …

 

- Interview : max Richter, l’amplificateur  (Arte, mai 2011) :

- Concert à Lisbonne (2011) :

- Session d’enregistrement : The Congress :

Mots-clés :
 

Avoir juste le temps
de jeter un coup d’œil
sur l’espace à remplir

Presque frigorifié.

+ B.O.iP (Bande Originale de l’InstaPoem ) : Bordel de Brel pour Noël par Mike Dhen

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On demande d’abord
que cela soit rapide

Pour un jour ralentir
la marche de nos pas

Que tu puisses nous suivre

Qu’à ton tour tu t’empresses.

 

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Une petite présentation très sympathique de BayaM dans l’émission C à vous de France 5 ce jeudi :

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Ce matin, j’étais l’invité de l’hyper revue de presse de France Info consacrée au lancement de BayaM, écoutez l’interview :

 

 

Bayam : le Web pour les enfants

Une nouveauté sur le Web ce matin, les espaces numériques pour les enfants créés par l’éditeur Bayard Jeunesse.

Deux univers, un pour les enfants de 3 à 7 ans, l’autre pour les plus grands jusqu’à 13 ans. Ca s’appelle Bayam.

Deux formules vous sont proposées : un accès gratuit mais limité, et une offre payante pour accéder à tous les services de ces portails pour les enfants et les pré-adolescents.

Présentation de BayaM 3/7 ans from Editions Milan – Milan Presse on Vimeo.

Les parents seront rassurés, avec les histoires de « Petit Ours Brun » ou de « Sam Sam » par exemple pour les plus petits et un navigateur Internet sécurisé pour les 7 / 13 ans.

Présentation de BayaM 3/7 ans from Editions Milan – Milan Presse on Vimeo.

Pour découvrir ces nouvelles applications, l’invité de l’Hyper Revue de presse ce matin est Stéphane Bataillon, le rédacteur en chef de Bayam.

 

Ça y est, BayaM, la nouvelle offre numérique pour enfants du groupe bayard, c’est parti ! N’hésitez pas à la découvrir (c’est gratuit) et à nous faire part de vos remarques. Une seule adresse : www.bayam.fr !

Sur le blog de SUD OUEST, littératures minimales, Vincent Bastin fait un éloge court mais très flatteur de l’ebook « La mauvaise troupe ». Merci à lui !

 

La mauvaise troupe de Stéphane Bataillon atteint l’excellence

41elksZJ+hL._SS500_.jpgPour 2,81 € seulement, 65 microtextes travaillés avec une précision troublante. Stéphane Bataillon propose ici un ouvrage de microfictions poétiques et raffinées qu’il sera impossible, à tout amateur du genre, d’ignorer. A celles et ceux qui ne possèdent pas encore de liseuse, ce qui est nécessaire à la découverte de ces textes, c’est peut-être le moment de faire un petit crochet par le magasin !

Vincent Bastin

 

J’inaugure aujourd’hui un nouvel espace sur SoundCloud, le réseau musical le plus populaire de la planète afin de vous proposer l’ensemble de mes expériences de poésie sonore. Un nouveau lecteur, situé dans la colonne de droite, vous permet dès à présent d’écouter, de commenter et de partager cette discographie improbable qui s’enrichira très prochainement de nouveaux titres. En effet, je compte développer cette partie de mon travail cette année et pousser cette recherche dans de multiples directions. Bonne écoute !

http://soundcloud.com/stephanebataillon

 

Une étendue de terre
différente d’autrefois

Sans histoire de conquête

Sans besoin d’étendue

Apprécier chaque pas
ensemble qui la dévoile.

B.o.p (Bande Originale du poème) :
John Surman / Jack DeJohnette
Nestor’s saga (The tale of the ancient)
from The Amazing adventure of Simon Simon

 


Histoire de bien commencer le week-end, un nouveau site à découvrir, celui de l’illustrateur, animateur et graphiste Thomas Durcudoy : http://cargocollective.com/ThomasDurcudoy avec lequel je réalise de nombreux projets poétiques. Laissez-vous enivrer par ses dernières illustrations, ses animations et ses collages. Et si, après, l’envie vous prend de décrocher la lune…

 

 

Entrez entrez mesdames et messieurs !

Voici le Prosecteur, un générateur de poèmes interactif crée avec l’équipe de bayardkids (Bayam à compter du 18 janvier) et mes amis Ghislaine et Thomas Durcudoy de l’excellent STUDIO TOGI. Publié à l’occasion du Printemps des poètes 2010, le voici enfin disponible sur le site pour des expérimentation sans limites. En espérant que vous prendrez autant de plaisir que nous à voir s’animer ces poèmes improbables.

Cliquez ici ou sur l’image pour lancer le prosecteur

 

Les deux éditeurs jeunesse Bayard et Milan ouvrent un nouvel espace numérique pour les enfants de 3 à 13 ans.

 

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Écouter une fabuleuse histoire de Bizou, jouer avec Sam Sam dans un labyrinthe interactif, apprendre à compter avec Petit Ours Brun ou s’initier à l’anglais avec Lizz… Les enfants vont pouvoir retrouver toute la créativité des titres de la presse éducative Bayard et Milan (qui font partie du groupe qui édite La Croix ) dans le nouvel univers numérique que les deux éditeurs lancent aujourd’hui sur le Web : BayaM.

Un univers de lectures, de jeux interactifs, d’activités d’éveil et de découvertes adaptées à l’âge de chacun, où les enfants pourront faire leurs premiers pas sur la Toile en compagnie des héros de leurs magazines (de Pomme d’Api à Astrapi, en passant par Toboggan ou Wakou ).
Pour autant, il ne s’agit pas, pour ces deux éditeurs phares de la presse jeunesse, de détourner les enfants de la lecture pour les scotcher devant des écrans. « BayaM n’est pas un concurrent de nos magazines, précise Pascal Ruffenach, directeur de Bayard Jeunesse. Ils ont toujours du succès, on essaie même de les rendre de plus en plus beaux, car les écrans nous y poussent. Mais notre devoir est de rejoindre les enfants là où ils sont, pour continuer à remplir notre mission éducative. »

Usage intelligent d’Internet

L’un des objectifs de BayaM est d’ailleurs d’apprendre aux enfants à faire un usage intelligent d’Internet. « L’idée n’est pas de transformer l’écran en un lieu de stockage d’une infinité de contenus, poursuit Pascal Ruffenach, mais de donner à l’enfant le sentiment qu’il fait une expérience limitée dans le temps, à travers un certain nombre de contenus, maîtrisés par nous, par l’enfant et par ses parents. » Ces derniers peuvent en effet garder la main sur la navigation de leur enfant et contrôler le temps qu’il y passe, par le biais d’un « espace parents ».

Cet encadrement de la navigation est particulièrement important dans la partie du site destinée aux plus petits (3-7 ans). À l’âge où ils ne surfent pas encore, ils apprendront à manier la souris dans un espace sécurisé, construit autour d’un jardin, en compagnie de leurs héros familiers.

En cliquant sur des onglets, ils pourront par exemple partir à la découverte du monde des Vikings avec le professeur Periodus (du magazine Youpi ), observer à l’aide de jumelles électroniques le déplacement du loup (les petites bêtes de Zéphyr), écouter une belle histoire ou une comptine, découvrir les chiffres et les lettres avec Babar, ou faire des puzzles avec Zouk, et même confectionner des cartes animées et les envoyer par mail à leurs grands-parents.

Enrichissement

Le portail de BayaM destiné aux plus grands (7-13 ans) allie encore plus largement le ludique et l’éducatif et s’ouvre davantage sur le monde du Net. L’enfant pourra ainsi y retrouver ses héros préférés (de Tom Tom et Nana à Ariol), apprendre l’anglais avec I love English, faire des expériences scientifiques avec Images Doc – un rédacteur du magazine se mettant lui-même en scène dans de petites vidéos pour déclencher un tremblement de terre – ou fabriquer des fossiles.

Ou encore réaliser les « Trucs Astuces » d’Astrapi, en faisant par exemple germer des lentilles pour écrire son prénom en végétal. Le site fait en effet la part belle aux activités interactives qui permettent à l’enfant de rester en prise avec le monde réel. « On ne veut pas uniquement les laisser devant leurs écrans, souligne Stéphane Bataillon, rédacteur en chef de BayaM, mais leur donner des idées pour nourrir leurs loisirs et leur montrer par là qu’Internet est un outil qui enrichit leur vie quotidienne. »

Le site lancera régulièrement aussi des « défis littéraires », proposant aux enfants de créer des textes et des images autour d’un thème. Ils pourront également s’initier à l’actualité avec « Un jour/une actu » (C’est quoi l’affaire Karachi ? C’est quoi le rallye Dakar ?), découvrir la philosophie ou l’écologie, ou encore mener des enquêtes plus approfondies sur des sujets qui les intéressent.

Bibliothèque numérique

L’originalité de ce site est en effet de permettre aux enfants d’accéder aussi à une sélection de sites « extérieurs », testés par la rédaction et classés par thèmes (sciences, histoire-géo, langues, nature, musique…). « L’objectif étant de lui apprendre à naviguer sur Internet, à établir des liens entre les contenus qu’il y trouve, à organiser ses savoirs et ses découvertes », explique encore Stéphane Bataillon. L’enfant y apprendra aussi à gérer son compte (tout n’est pas « gratuit » sur le Net) : les parents doivent en effet constituer une petite cagnotte de « monnaie », qui permet à l’enfant d’accéder aux contenus payants.

Bayard va également proposer début février une « bibliothèque » pour tablette numérique, qui permettra d’accéder à des romans, contes et bandes dessinées, classés par tranches d’âge, et achetés à l’unité : « J’aime lire store ». L’ergonomie, la typographie, le rapport texte-images (travaillés avec des orthophonistes) ont été particulièrement soignés pour donner aux enfants le plaisir de lire. Ses concepteurs ont même voulu recréer la sensation de feuilletage et l’expérience temporelle de la lecture – l’épaisseur physique du livre disparaissant avec l’écran –, en introduisant par exemple un marque-page interactif qui se colorie en fonction de l’avancement dans le roman.

Cette bibliothèque numérique proposera dans un premier temps une trentaine de titres, issus des Histoires pour les petits (Milan), et des J’aime lire (Bayard), mais elle s’enrichira d’une dizaine d’autres titres tous les mois, ayant vocation à terme pour « porter toutes les lectures de l’enfance » .

CHRISTINE LEGRAND

La ville qui intime
un secret gigantesque
pour donner au chemin
la chance du détail.

 

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Bonjour à tous,

Je suis très heureux, avec toute mon équipe, de vous annoncer le lancement de BayaM, la nouvelle offre internet d’éveil, de jeux et de découvertes pour les enfants de 3 à 13 ans. Édité par le groupe Bayard (Bayard et Milan). Bayam, c’est deux applications pour enfants, téléchargeables gratuitement dans leur version de base, qui proposent un « web qui fait grandir » :

- Pour les 3-7 ans : Un univers sécurisé dans le cadre enchanteur d’une forêt magique qui donne accès à des activités (coloriages, dessin, cartes animées originales) des dessins animés (SamSam, Petit Ours Brun, Babar…) des documentaires intéractifs et des belles histoires à écouter.

- Pour les 7-13 ans : un véritable navigateur internet sécurisé avec une sélection de sites choisis par la rédaction, et un ensemble de contenus inédits (jeux vidéos, dessins animés, trucastuces, défis littéraires, explication de l’actualité, quizz, documentaires interactifs, découverte de l’anglais…) à débloquer pour devenir champion du surf avec des badges à collectionner.

Disponible à partir du 18 janvier sur www.bayam.fr, j’espère que cette proposition permettra à vos enfants de découvrir les joies d’un numérique respectueux de leur rythme, distrayant et… poétique.

 

Stéphane Bataillon
Rédacteur en chef de BayaM (dans la vraie vie ;-) )

bayambayam

Rendez-vous donc vite sur www.bayam.fr pour découvrir toute l’offre BayaM dès le 18 janvier !

Prends ton calame et trace
de l’ocre de la terre
un poème qui dira

Et ce quoi qu’il arrive.

 

Un poème prononcé
sans l’usage des mots

Ils errent dans les parages
en attendant leur place.

 

Une route et un canal

Sembler savoir
où cela mène.

 

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Il a suffi d’un décalage
pour insinuer le labyrinthe
à fleur de racines

L’œil renversé du Minotaure.

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CETTE PROMOTION EST TERMINÉE.
POUR EN SAVOIR PLUS SUR « LA MAUVAISE TROUPE », CLIQUEZ ICI.

Petit cadeau pour ce début d’année : notre livre numérique pour Kindle « La mauvaise troupe » vous est offert sur Amazon tout le week-end (du vendredi 6 au dimanche 8 janvier 2011). N’hésitez pas à le télécharger et à découvrir ces contes brefs, proches des micronouvelles et de la twittérature.

La mauvaise troupe ( 65 contes brefs)

« Non, décidément, il était incapable d’écrire plus de deux lignes, l’écri vain. »

Dans l’esprit d’Hemingway et de sa micronouvelle « À vendre : chaussures de bébé, jamais portées », la mauvaise troupe regroupe 65 contes brefs, drôles et inédits. Ils mettent en scène le petit peuple improbable d’une cosmogonie imaginaire. Soixante-cinq plaisirs littéraires minuscules à déguster avec un bon café.

Ebook Kindle
ISBN : 978-2-9536223-1-7
Prix (Kindle store) : 2,99 €.

 

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( Article paru dans le cahier Livres & idées de La Croix du 5 janvier 2012 )

Avant son entrée dans la pléiade, le poète majeur d’origine suisse présente les textes qu’il juge les plus représentatifs de son parcours.

Philippe Jaccottet, l’auteur d’ «À la lumière d’hiver » est cette année au programme du baccalauréat, chose rare pour un poète contemporain. Il nous offre aujourd’hui son anthologie personnelle, prélude à un volume de la Bibliothèque de la pléiade en préparation. Il revisite 62 ans d’une poésie aussi discrète que lue et étudiée dans le monde entier. Une poésie qui n’a cessé de suivre le cœur battant du monde au rythme des saisons. Mêlant poèmes, proses et notes de journal, longues suites et formes brèves, ce large choix présente dans sa globalité, et pour la première fois, son parcours de vie et d’écriture. Moins bilan qu’ouverture, la remarquable cohérence de cette œuvre est due au choix initial de toujours se laisser inspirer par l’observation des alentours. De les saisir au plus juste, sans action et sans discours qui viendraient mettre un voile entre le sensible et sa retranscription. En cela, il est plus proche de Bashô, le maître japonais du haïku attentif à chaque frémissement de la nature, que des révolutionnaires tentés de « porter la bure du poète » et clamant leurs vérités avec trop de superbe.

Des poèmes de « L’effraie » publié en 1946 aux proses de « Ce peu de bruit » datant de 2008, c’est la chronique d’un rendez-vous passé avec la lumière qui nous est raconté. Une épiphanie, hors du champ religieux, qui accepte la présence de la mort et de la finitude, alliées objectives pour cerner encore plus nettement les étincelles de joie. « Une joie dont on serait tenté de croire qu’elle a explosé un jour, il y a longtemps, comme une étoile intérieure, et répandu sa poussière en nous. » Une poussière qui brille d’une lumière singulière : celle de l’hiver, celle de la pleine lune. Moins éblouissante que celle des étés car devant laisser place aux doutes des silences. De la place du poème dans la vie à l’authenticité de nos perceptions, ces doutes transcendent toute l’œuvre de Jaccottet. Comme pour mieux indiquer les berges de la rivière, éviter l’enlisement par des mots superflus. « On voudrait croire que nous sommes tourmentés pour mieux montrer le ciel. Mais le tourment l’emporte sur ces envolées, et la pitié noie tout, brillant d’autant de larmes que la nuit. »

Ces doutes, nombreux, ne prennent pourtant jamais l’avantage. Ils sont comme à court terme. Et ce qui frappe ici est moins l’incertitude que l’usage des mots comme ombre à cette lumière. Moins pour la définir que pour tenter de la rejoindre et de l’apprivoiser, patiemment, dans chaque geste du quotidien. Pour apporter ces mots en partage et faire communion jusqu’à un autre silence. Celui du Mont Ventoux et des paysages de Grignan, lieu de résidence adoré du poète. Celui des arbres, des fleurs et du vent. Jusqu’à un effacement qui serait une victoire. « Si c’était la lumière qui tenait la plume, l’air même qui respirait dans les mots, cela vaudrait mieux. » Un rêve, une proposition qui semble presque tenir. Et si toutes ces pages, notamment dans la prose, ne sont pas indispensables, elles participent toutes à l’équilibre d’une tentative. Une absence de prétention qui ne va pas chercher sa source jusqu’en Extrême-Orient mais dans les plus proches lieux. Aux détours de ces chemins que nous sommes libres d’arpenter. À nos lueurs présentes qui s’intensifieront.

Stéphane Bataillon

L’encre serait de l’ombre, Notes, proses et poèmes choisis par l’auteur 1946-2008, de Philippe Jaccottet, Poésie/Gallimard, 560p., 10 euros

Et la gargouille hurlante
qui recherche sa nuit

Protection apparente.

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Et le rêve d’un reflet
qui fixe notre force

Qu’elle accepte sans bruit
de rentrer au bercail.

 

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Qui sommes-nous devenus
entre les points de nos enfances ?

Le théorème a-t-il servi ?

 

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Quel mot à déchiffrer
dans l’interstice du ciel ?

 

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Chers amis, chers lectrices et lecteurs,

En ce premier jour de 2012, une petite rétrospective poétique des douze mois écoulés. L’occasion de vous souhaiter à tous une très bonne année, pleine de découvertes et de ces petits bonheurs qui enchantent la vie.

Stéphane Bataillon

海龜 (janvier)

On aperçoit des mots
descendre par la plage

Nous n’avons plus besoin
des carapaces gravées

Et les tortues sourient.

 

L’accord (février)

Tu rêves d’une musique

Et le noir de la terre
se confond à la nuit
pour mieux masquer tes larmes.

 

Suffisance (mars)

Tu veux creuser le mot
jusqu’à l’acharnement

Refusant de suspendre
au mystère des effluves

Comme le vieux parfumeur
qui ne croit plus en lui.

 

Début (avril)

C’est le dernier poème
d’une première vie

Tout, déjà, nous bascule
derrière cette réponse

Comme la confirmation
d’une chance et d’un sourire

Le monde s’est ébranlé
pour faire place au soleil

L’espérance se rapproche.

 

Chercheur (mai)

Préparer lentement
la carte d’aventure

Continuer à créer
des mondes irresponsables.

 

Écorces lentes (juin)

Le cri des arbres tonnent
dans les cales insalubres

Remonter sur le pont
affronter la tempête
et les mener au port

L’inscription d’un seul signe
les feront respirer

Être utile
de nouveau.

 

Architectes (juillet)

Il n’y a plus d’urgence
à occuper l’espace

Juste prendre soin du temps.

 

Pour que circule le monde (août)

Tu ne liras jamais les centaines de livres collectionnés pour toi. Pour cette image de moi, projetée juste au loin, dans l’œil d’un rêve d’enfant au regard identique.

Tu ne liras jamais les mille aventures découvertes aux détours et ces milliers de pages scrutées par la vigie. Je me suis séparé de ces traces évidentes.  J’ai effacé la carte du monde de mes joies pour te laisser l’usage des frissons du chemin.

Je t’offre cet espace que tu sauras remplir, de tes rêves, de tes craintes, et de tes obsessions.  Et je me retrouve libre. Et nous venons tout juste de te sentir bouger.

 

La confiance (septembre)

C’est ce chant inlassable
qui confondait les heures

Les obscurités chaudes
de nos racines d’enfant.

 

Promesse (octobre)

Je ne te ferai pas
porter le poids du monde

Enfin, j’essayerai.

Ton sourire m’aidera.

 

Condition (novembre)

Ne jamais apparaître
complètement heureux

Ne pas froisser les dieux
une seconde fois

Mais en sourire quand même.

 

Thomas (décembre)

Et toi qui apparais

Qui embrases le monde
d’un seul doigt-allumette.

 

 


Jouer à la marelle
à contresens du point

Préserver le secret
que nous retrouverons.

 

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Tu as pulvérisé
les lourdes portes de fer
sans même une parole

Mais le regard naissant
d’un bleu fixant ma nuit.