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Stéphane Bataillon / Posts

Rapaces

L’ombre et la proie. Mots volés au hasard. Pas d’engrenages. Pas de mécanique. Regarder le ciel en silence. Sans chercher la maîtrise et sans dicter ses lois. Ce n’est pas notre combat. On l’a cru. On a voulu nous le faire croire. Mais non. Pas à nous. C’est à eux. C’est minuscule. Translation de deux points sur le flanc de la montagne. Presque fondus. Comme le sera le corps une fois dévoré. Digéré. Par les enzymes. C’est la vie. Ça nous concerne. Ou pas. On a le droit de ne pas se sentir concerné. De s’échapper. Se libérer. Du combat. De ne même plus, plus même regarder. En silence. Ombre. Les yeux fermés.

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L’invention du poème #40 : Relire Tarkos

Se dire que la poésie se dit. Qu’elle vit aussi bien. Qu’un poème est avant tout une pâte de mots, patmot. Des mots qui se malaxent dans le cerveau, qui se disent, qui s’agencent, qui se combinent avant tout là-haut. Dans la tête. Avant de sortir. Du chaud, pour être déposés, travaillés, formulés avec juste la quantité d’encre ou de pixel nécessaire. Ratures. Premier jet, c’est pas grave, je l’ai.

Ce matin, avec T. on a écrit toute une chanson, la chanson du caméléon. Nous ne nous sommes pas dit « on va écrire une chanson ». On a commencé à chanter, chanter, danser, s’amuser. Et puis il a trouvé une rime. Un choc de mots. Une inattendue. Alors j’ai couru. Prendre une feuille. De papier. Pour la noter, avant l’échappée. Et puis c’est parti. Comme, comme si. On ne s’est plus arrêté jusqu’à l’heure du départ. Deux pages grattées, deux pages d’idées, à retravailler. Ce soir, dans un grand cahier.

Relire Christophe Tarkos. Presque plus pour ce qu’il y a autour. Pour cette soucieuse liberté d’utiliser la langue sans l’instrumentaliser. Relire ses amis. Dans CCP, dans L’enregistré. Mettre le DVD dans le lecteur. Écouter. Regarder. Retrouver le désir du poème. Comprendre de nouveau pourquoi cela persiste d’entre nos activités. Se dire qu’on a envie de s’amuser avec. Qu’il n’y a rien de plus à attendre et que, déjà, la prétention est immense de se mettre à tracer. Un mot. Trouvé ensemble.

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Écoutez « Où nos ombres s’épousent »

Voici un enregistrement audio (5’12) des textes de mon premier recueil, Où nos ombres s’épousent, paru aux éditions Bruno Doucey dans sa nouvelle édition de 2016. Je mets ma voix sur ces mots, posée à l’occasion du Salon au Jardin des auteurs de Montreuil, en juin dernier. Ces textes étaient écoutables au casque, confortablement installé dans d’amples hamacs. Un beau souvenir.

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Sortie de Gustave N°66

Après un été bien mérité, notre journal d’action poétique reprend la route en retrouvant, après trois belles livraisons de L’Invincible, son nom et sa numérotation originale.

Un numéro 66 de Gustave entre deux soleils. Quatre pages avec des balades en montagne, des œuvres projetées et de l’énergie pour repartir du bon pied. Au grand air de la poésie.

C’est toujours numérique, léger, gratuit, et disponible (pendant un mois seulement) en s’abonnant par ici : www.stephanebataillon.com/gustave.

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La revue DONC reçoit le coup de cœur de l’Académie Charles Cros

Dimanche 10 septembre 2017, la revue de poésie sonore DONC, que j’anime en compagnie d’Emmanuelle Leroyer, de Mâya Heusse de Quentin Pourchot et d’Adeline Defay aux éditions Thélème a reçu le coup de cœur de l’Académie Charles Cros dans la catégorie « poésie lue ou chantée ». Un prix qui nous enchante et nous motive à continuer cette belle aventure d’amitié et de littérature, avec prochainement un deuxième numéro.

Vous pouvez découvrir le premier numéro de DONC sur le site des éditions Thélème en CD mp3 ou en téléchargement.

 

 

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Formula 1

J’ai appelé Vince tout à l’heure. Parce que les inrocks sortent une nouvelle formule et que c’est important. Même si cela fait des années qu’on ne le lit plus régulièrement, les inrockuptibles, c’est NOTRE journal. Celui qui Placebo, celui qui Portishead, celui qui Franck Black et qui The Smiths. Celui dont on rêvait d’être dedans pour y écrire et y chanter. Nous avions même fondé un groupe pour ça, les The Jonathan Livingstones. Les inrocks, c’est le journal qui a achevé de nous convaincre tous les deux de devenir journalistes. Pour de bon. Pour le son. We will rock you et on va aller y voir. Si ça bouge, encore. Here comes your man.

(M.a.j – 9h) : Cette nouvelle formule est sublime. Élégante, légère, lisible. L’âge a du bon.

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Différentiel

Il reste à admettre l’essentiel. Cette part invisible du monde. Cette joie électrique qui nous anime et nous rassemble. Qui me fait penser à toi. Verser cette larme. Écouter cette chanson. Et t’écrire cette lettre pour déchirer le ciel.

Corde sensible. La poésie demeure.

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