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  • Festival de Sète 2016 > Le programme des rencontres

Stéphane Bataillon Articles

Les regards

Tu as peur parfois,
du monstre, des bruits de pas
du loup au fond des bois

Tu as peur parfois,
tu aimerais tellement ça
que ça, ça ne soit pas

Alors tu penses très fort
à une lumière d’or
qui viendrait s’allumer
pour éclairer très fort

Alors tu pourrais voir
au fond de leurs regards
que le monstre, ceux des pas
le loup au fond des bois
ont aussi peur que toi

Que tu n’acceptes pas
de leur dire tout bas
– Il y a une place pour toi.

Capture d’écran 2016-07-21 à 11.54.49Lecture de ce poème ce jour au Festival Voix Vives de Sète : Rendez-vous à 15h00 : Poésie les pieds dans l’eau (pour les enfants) Lecture avec petits bateaux/poèmes autour du bassin. Bassin Place Aristide Briand

Et aussi :

De 18h à 18h45 : dédicace de l’anthologie de haïkus  » une fleur à l’autre » sur le stand de la lune bleue

De 19h à 19h30, rue Gambetta, une première performance de spatiale-fiction. Historique !

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Vogue

On part au large
On prend le large
on largue tout

pour oublier
qu’on ne peut pas
prendre trop d’avance
et s’échapper

de soi.

Capture d’écran 2016-07-21 à 11.54.49Lecture de ce poème ce jour au Festival Voix Vives de Sète : Rendez-vous à 15h00 pour Toutes voiles dehors (Voilier le Laisse-Dire) / Lecture en mer à bord du Voilier Le Laisse dire en collaboration avec l’association Cap au large. Tarif bateau 15€ (réservation conseillée auprès du Bureau du Festival). Voilier Le Laisse Dire, départ bout du Môle Saint-Louis, base Eric Tabarly.

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L’invention du poème #36

Écrire le poème, c’est faire sa part du monde. Certain de sa force, convaincu, dur comme fer, contre toute matière. Comme ces ermites priants. Au risque d’être inutile.

Écrire le poème, c’est tenter d’éclairer et de transmettre par les mots ce que l’on a pas encore expérimenté, mais que l’on pressent, profondément, depuis l’enfance. Que l’on ne sait pas, pas encore. Et encore. Et encore.

Prophète minuscule, prophète intime, ce non-accomplissement de ce qui est inscrit nous garde humble. L’ego reconnu, accueilli comme avec nos autres monstres, dans cette ménagerie qu’on transforme en spectacle, alternant chaque jour le soleil dans la nuit.

B.o.p (bande originale du poème) : A Mess like this – The Dø

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L’invention du poème #35

À force de cerner le silence par le poème finit par aboutir à la concision extrême d’un seul mot, d’un seul Nom. Celui de ce principe en mouvement qui nous est commun. Mais ce n’est pas suffisant. Pas tout à fait reconnaissable encore. Alors, soudain, dans un renversement de proie à prédateur, le silence prend place au cœur du poème. L’irradie, le submerge, l’anéanti totalement, avec son consentement. Ayant effacé jusqu’à sa trace, cet obscur et silencieux silence lui offre une forme d’éternité. Second retournement, le poème gagne alors l’empreinte profonde et invisible qui nous le rend définitivement utile.

Le poème use la parole, ôte sa gangue d’intelligence pour révéler sa transcendance dans un mouvement libre. Celui d’aimer avant tout. Dans la lumière de nos sourires, dans la chaleur de nos caresses. Doux et tranquille comme un matin d’été.

 

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L’effondrement (12)

Toujours là. L’ambulance arrive. Ils me mettent sur un brancard. La sirène retentit. La police est là, aussi. Elle parlemente, prends des notes, relève les indices d’un homme effondré. Il n’a pas vu. Il ne m’a pas vu. Le feu était bien au vert. Il croit. Il ne sait plus. Il commence à douter mais. Il se sent mal. Il repense à son fils. Tué il y a trois ans. Accident de moto. Cette moto qu’il s’était payé avec ses premiers salaires, investis dans chaque pièce de métal. Avec amour. Il tombe. Les choses froides se réchauffent, le chaud se refroidit, l’humide s’assèche, le sec s’humidifie. Nous sommes deux. Je suis seul à le voir.

effondrement12

L’effondrement. Un feuilleton conçu à partir des Fragments d’Héraclite. Dessin : Saint Oma. Texte : Stéphane Bataillon.

 

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