Visit Homepage
Aller au contenu →

Stéphane Bataillon Posts

Le homard

Ce qui se joue, ce qui est en train de se jouer, a à voir avec notre degré de liberté. Ce qui se joue, c’est l’estimation de notre marge de manœuvre individuelle. Celle que la communauté à laquelle nous participons est en train de redéfinir. Les interdictions sont massives. Les permissions immenses. Plus rien ne nous est, ne nous sera imposé. À nous de choisir. Aux autres de s’adapter. Mais tout se fait lentement. à petit feu. Sauf, parfois, une détonation qui nous fait prendre conscience. On ne parle plus dans les openspace. On tapote, communique, slackons sans autre cliquetis que celui des claviers. Mais on choisit son temps. Son lieu. Son programme. Fluidité apparente, de plus en plus canalisée. Mais la température de l’eau est décidée ensemble : démocratie participative, coworking, coconstruction et communication bienveillante. Alors il ne faudrait trop rien dire. Même quand la température augmente. Si nous savons cliquer, nous trouverons très vite le code de réduction. Nous sommes les clients-rois d’un monde en esclavage.

Commentez

L’invention du poème #45

Que pouvons nous faire face à l’hubris et sa voie sans issue ? S’arrêter. Respirer un grand coup. Repartir. Dans l’autre direction. Pas celle qui aboutie dans un autre cul de sac, sur le repli, le rétrécissement de l’horizon. Mais celle qui permet de se mettre en condition de faire, avec nos mains. De creuser un puits. De fabriquer un pot. D’y planter une graine. D’arroser d’un peu d’eau. D’en écrire le poème. De contempler l’ensemble.

À cette position, non repérable par GPS, inutile d’émettre un signal trop clair. Les ombres et les perturbations sont admises, presque souhaitables. Juste tenter sa réponse à ce qui, dans le flux du réel, nous as ému. Cette seule information qui nous est nécessaire.

Concentré sur son geste, l’exécuter. Prendre plaisir.

Commentez

Arpajon, rêve brisé

J’ai un rêve. Un jour, en allant au boulot, monter dans le car qui mène à Arpajon. Aller voir Arpajon. Aller sans rien savoir. Sans avoir visité le site de la ville. Sans avoir regardé les images,

   sans avoir consulté son plan, sans ne rien savoir d’autre que son nom. Sans savoir qu’à Arpajon,

Deux jeunes femmes de 18 ans viennent d’être arrêtées après des car jacking.

Sans même savoir où je pourrai dormir si cela me plaisait.

Mais décidément, ce n’est plus possible. Plus possible de rêver à une destination. De partir à l’aventure. Alors je n’irai pas. Non, je n’irai jamais à Arpajon. Il est 14h04. J’ai encore le temps de sortir prendre mon café.

Commentez

Nouveaux médias

Il y a du neutre. Dans la graphie des titres. Dans les mots qui apparaissent pour dire la nouveauté. Il y a du neutre. Comme pour s’effacer. Il y a du brut, du basique, du minimalisme. Une révolution sobre, une disruption soft, une démocratie lisible. Élégance feutrée. Punk is dead, bébé.

(et je suis là-dedans jusqu’au cou, rassurez-vous)

 

Commentez