Début

C’est le dernier poème
d’une première vie

Tout, déjà, nous bascule
derrière cette réponse

Comme la confirmation
d’une chance et d’un sourire

Le monde s’est ébranlé
pour faire place au soleil

L’espérance se rapproche.

Les larmes d’Alexandre (11/13)

Agiter l’horizon

S’apercevoir ainsi
que l’on bougeait

à peine

L’accepter.

Rien ne porte
Rien ne presse

Mais ça va.

Il y a ces paroles
enrobées de silences

On ne sait pas très bien
s’il faut les répéter

On ne sait plus

très bien.

Rester indivisible
pour imploser la roche

Avoir assez de force
pour énoncer le mot
inventé ce matin
pour résoudre le monde

Qu’il nous prenne par surprise
et qu’il nous recommence

Et cette présence
autour.

“Où nos ombres s’épousent” dans Panorama

Le mensuel chrétien de spiritualité Panorama , édité par Bayard, recense “Où nos ombres s’épousent” dans son numéro de mai 2011 (n° 476) : ” Je n’ai pas la douleur / Je n’ai pas le besoin / et je n’ai pas l’exil. / J’ai juste perdu / celle que j’aimais.” La collection “Jeune plume” , destinée à publier le premier recueil d’un poète, nous offre un lumineux petit ouvrage. Une poésie légère et dépouillée qui évoque les ombres et les lumières du travail de deuil d’un jeune auteur. Un souffle de vie traverse les pages. Et après la lecture, les mots continuent leur voyage dans le cœur du lecteur.”

Les larmes d’Alexandre (un feuilleton poétique)

Ne vous arrêtez pas
à l’ombre de ma nuit

Mon énergie déborde

J’ai appris à parler
Pour accomplir vos rêves
Et disposer du monde.

_

Il y a cette profusion
qui complique les choses

Nous n’avons pas le temps
d’apprendre à les connaître

Renommer les cités
par le seul assemblage
qui nous semble tenir

Par le prénom donné
que tu léguas d’un cri

Puis les assimiler
comme tous les jouets
qui pouvaient m’obéir.
_

Mon nom est Alexandre
et je l’ai imposé
dans la plaie des morsures
laissées sur mon passage.

_

J’ai conquis chaque terre
et je vous ai soumis
jusqu’à l’adoration.

_

Qui, mon ami
qui a osé
te faire tomber malade

Et me porter atteinte ?

_

Tu auras préféré
aller te divertir
plutôt que le veiller

Tu n’as pas su trouver
les paroles utiles

Celles qui auraient usées
de leur émerveillement
pour imposer une suite

Tu seras crucifié
jusqu’à ce que ton sang
vienne nourrir le sol
où il demeurera.

_

N’attendez plus de moi

ce que je vais vous faire

Même les mots ont pris peur

et se sont réfugiés.

_

Je ne mangerai plus
Que chacune des larmes

déversées sur ton corps

poursuive l’abandon

Que tu prennes encore part.

_

Tondre chaque crinière

abattre les remparts

éteindre les musiques

Sacrifier tous vos hommes

et brûler vos cités

afin de vous punir

de m’avoir réveillé.

_

Aucune descendance

pour récolter les fruits

de nos milles conquêtes

Et les limites creuses

qui visitent les nuits

Oui, encore des terres

encore des cours d’eau

des cités insoumises

Mais

plus de chant

Mais

s’être rendu compte

Qu’un autre.

_

Agiter l’horizon

S’apercevoir ainsi

que l’on bougeait
à peine

L’accepter.

Rien ne porte


Rien ne presse

Mais ça va.

Il y a ces paroles

enrobées de silences

On ne sait pas très bien

s’il faut les répéter

On ne sait plus
très bien.

Rester indivisible

pour imploser la roche

Avoir assez de force

pour énoncer le mot

inventé ce matin

pour résoudre le monde

Qu’il nous prenne par surprise

et qu’il nous recommence

Et cette présence

autour.

_

Seule me reste l’ambition

de prendre du plaisir

dans cette gorgée d’eau.

_

Il ne reste qu’un espace
en moi
à conquérir

Et j’ai besoin d’un autre.

_

EPILOGUE

Pas un lieu
pas un temps

Mais rester disponible
pour accueillir le lien
à notre extrémité

Pour ajouter tout bas
au tourbillon du monde
le bonheur d’une vie
sans qu’elle nous appartienne

J’abdique d’une ambition
pour dépasser le ciel.

FIN

20 comptines classiques

comptinierVoici une sélection de 20 comptines classiques, un art poétique court et accessible, transmis de génération en génération, à l’oral, à l’écrit, en gestes et en chansons. Une approche de la langue ludique et au plus proche des rythmes et du développement des jeunes enfants. Un patrimoine littéraire minuscule, partagé sans interruption, dont nous vous proposons ici une petite partie, que vous pourrez élargir avec l’ouvrage Mon Comptinier“, paru aux éditions Tourbillon en 2013. Plus de 170 comptines magnifiquement illustrées par Eric Gasté avec, en plus, un CD audio offert.

Pour approfondir la question et trouver d’autres textes, nous vous conseillons les références suivantes :

– Au bonheur des comptines, par Marie-Claire Bruley et Marie-France Painset, coll. Passeurs d’histoires. Ed. Didier Jeunesse, 2007

– Une cantine de comptines, par Pierre Lartigue, coll. Architecture du verbe, Ed. Les Belles Lettres, 2005

– Rimes et jeux de l’enfance, par Eugène Rolland, Maisonneuve & Larose, 1883 (réed 2002)

 

Pomme de reinette

Pomme de reinette
et pomme d’api
tapis tapis rouge.
Pomme de reinette
et pomme d’api
tapis tapis gris.

*
Am stram gram

Am stram gram
pique et pique et colegram
bourre et bourre et ratatam
Am stram gram.

*
Je te tiens par la barbichette

Je te tiens,
tu me tiens,
par la barbichette.
Le premier
de nous deux
qui rira
aura une tapette !

*
Bateau sur l’eau

Bateau sur l’eau,
La rivière, la rivière,
Bateau, sur l’eau,
La rivière au bord de l’eau.
Le bateau a chaviré,
Tous les enfants sont tombés.

*
Une poule sur un mur

Une poule sur un mur
qui picotait du pain dur
picoti picota
lève la queue et puis s’en va.

*
Il était une fois

Il était une fois
une marchande de foies
qui vendait du foie
dans la ville de Foix
qui disait : Ma foi
c’est la première fois
et la dernière fois
que je vends du foie
dans la ville de Foix
car les gens de foi
n’achètent plus de foie.

*
Quelle heure est-il madame Persil ?

– Quelle heure est-il
madame Persil ?
– Dix heures moins le quart
madame Plaquard.
– En êtes-vous sûre
madame Chaussure ?
– Assurément
madame Piment.

*
Une souris verte

Une souris verte
qui courait dans l’herbe
je l’attrape par la queue
je la montre à ces messieurs
ces messieurs me disent :
– Trempez-là dans l’huile
trempez-là dans l’eau
ça vous f’ra un escargot
tout chaud.

*
Picoti, picota

Une poule sur un mur,
qui picote du pain dur

Picoti ! Picota !

Pond un oeuf et puis…
S’en va !

*
Il pleut, il mouille

Il pleut, il mouille,
c’est la fête à la grenouille ;
Tapez des pieds, tapez des mains,
c’est la fête à Saint-Martin.

*
A dada sur mon bidet

A dada sur mon bidet,
Quand il trotte, il fait un pet,
proutt, proutt, proutt, cadet.

*
Ainsi font, font, font

Ainsi font, font, font
Les petites marionnettes,
Ainsi font, font, font
Trois p’tits tours et puis s’en vont.

*
1, 2, 3 nous irons au bois

1, 2, 3
Nous irons au bois
4, 5, 6
Cueillir des cerises
7, 8, 9
Dans mon panier neuf
10, 11, 12
Elles seront toutes rouges.

*
Coccinelle, demoiselle

Coccinelle, demoiselle
Bête à Bon Dieu
Coccinelle, demoiselle
Vole jusqu’aux cieux
Petit point rouge
Elle bouge
Petit point blanc
Elle attend
Petit point
noir Coccinelle, au revoir.

*
La barbichette

Je te tiens,
Tu me tiens
Par la barbichette
Le premier de nous deux qui rira
Aura une tapette.
Un deux trois,
Croisez les bras.

*
L’araignée Gipsy

L’araignée Gipsy
Monte à la gouttière
Tiens voilà la pluie!
Gipsy tombe par terre
Mais le soleil a chassé la pluie

*
Un petit cochon

Un petit cochon
Pendu au plafond
Tirez lui la queue
Il donnera du lait
Tirez-lui la queue
Il pondra des oeufs
Tirez lui plus fort
Il donnera de l’or
Combien en voulez-vous?
– 5 (ou un autre chiffre)
– 1, 2, 3, 4, 5!

*
Dans la forêt lointaine

Dans la forêt lointaine
On entend le coucou
Du haut de son grand chêne
Il répond au hibou
Coucou hibou
Coucou hibou
Coucou coucou coucou

*

Bonjour, Madame Lundi

-Bonjour, Madame Lundi,
Comment va Madame Mardi ?
-Très bien, Madame Mercredi;
Dites à Madame Jeudi
De venir Vendredi
Danser samedi
Dans la salle dimanche.

*
La poule rousse

Le petit poussin
Picore le grain.
Le petit lapin
Saute dans le thym.
La poule rousse
Pond sur la mousse
Et le cochon rose
Sur la paille se repose.
Mon petit garçon
Chante sa chanson.

*

Pirouette cacahuète

Il était un petit homme
Pirouette cacahuète
Il était un petit homme
Qui avait une drôle de maison
Qui avait une drôle de maison

Sa maison est en carton
Pirouette cacahuète
Sa maison est en carton
Les escaliers sont en papier
Les escaliers sont en papier

Si vous voulez y monter
Pirouette cacahuète
Si vous voulez y monter
Vous vous casserez le bout du nez
Vous vous casserez le bout du nez

Le facteur y est monté
Pirouette cacahuète
Le facteur y est monté
Il s’est cassé le bout du nez
Il s’est cassé le bout du nez

On lui a raccommodé
Pirouette cacahuète
On lui a raccommodé
Avec du joli fil doré
Avec du joli fil doré

Le beau fil, il s’est cassé
Pirouette cacahuète
Le beau fil, il s’est cassé
Le bout du nez s’est envolé
Le bout du nez s’est envolé

Un avion à réaction
Pirouette cacahuète
Un avion à réaction
A rattrapé le bout du nez
A rattrapé le bout du nez

Mon histoire est terminée
Pirouette cacahuète
Mon histoire est terminée
Messieurs, mesdames applaudissez
Messieurs, mesdames applaudissez

Timbuktu : analuse d’un nouveau magazine pour enfants sur iPad

Timbuktu est un tout nouveau magazine pour enfants de 5-10 ans, réalisé par une équipe italienne  : À la rédaction en chef, la journaliste Elena Favilli, anciennement éditrice associée du magazine Colors de Benetton et rédactrice en chef de son espace numérique, Colorslabs. La direction artistique est quant à elle assurée par Francesca Cavallo visiblement inspiré par les travaux du grand graphiste (et pédagogue) Bruno Munari. Très haut de gamme, Tumbuktu se rapproche de l’esprit du Mook français Bonbek, auquel il reprend le principe d’une grande thématique par numéro (“The Ice Issue” pour cette première). Particularité de ce nouveau titre, il ne dispose pas de sa version papier et n’est disponible que sur l’AppStore et en anglais afin d’être consulté (pour l’instant gratuitement) sur tablette iPad.

Petite présentation par ses concepteurs :

http://www.youtube.com/v/ueFJXu3o_PM?fs=1&hl=fr_FR&rel=0

L’équivalent d’une cinquantaine de pages/écran compose ce numéro, structuré en 9 rubriques (dossier, découverte, idées de sorties, histoire…). Avec un principe de navigation très classique (page à page, à l’exception de trois rubriques en lecture verticale) et un enrichissement multimédia assez léger ( 6 petites séquences audios, 1 vidéo d’animation et 1 vidéo live), Timbuktu joue l’économie et la grande sobriété. Trop peut être. Car si les pages sont d’une très grande qualité graphique, aucune interface n’est prévue pour naviguer ou se retrouver à l’intérieur du numéro. Une absence perturbante, oubliant l’importance extrême de la spatialisation de la lecture et de l’importance de l’objet-lieu dans les supports de lectures pour la jeunesse.

Autre remarque, sur le fond : les différentes rubriques du magazine ne s’adressent pas aux mêmes enfants : des fiches-découverte sur les animaux du froid, mêlant, autour de belles illustrations, une séquence audio humoristique et un texte documentaire, s’adressent plutôt aux 5-6 ans, lorsqu’un panoramique sur l’économie de la société indienne n’est pas adapté, dans son graphisme comme dans son texte, à un enfant de moins de 7 ans. Les dernières pages, au concept proche des séries de mode enfantine dans la lignée de Milk et des autres magazines spécialisés de ce type, persuadent du côté “vitrine” de l’entreprise, et d’une ligne éditoriale encore à affirmer pour séduire un public d’enfants.

Dernier petit détail, le courrier des lecteurs, “ask auntie Rita” reprend les codes et les typos des années 70, très en vogue en ce moment dans la presse parentale.

Au final, une initiative intéressante et séduisante, sur le terrain merveilleux, mais hélas difficile, de la presse pour enfants. Réalisé avec soin et passion, Timbuktu a beaucoup d’atouts. Reste un concept à affirmer. Bonne route, donc, sur les chemins de nos imaginaires !

Les + de Timbuktu :

– Des graphismes et une maquette très soignée et épurée (qui plaira, au moins, aux parents)

– Une lecture verticale intelligente, pour raconter

– Des astuces simples d’interactivité (un quiz donnant accès, selon la réponse, à un dessin humoristique), un objet à toucher pour déclencher une vidéo… Jamais plus d’une interaction possible par page, valorisant l’enrichissement.

Les – de Timbuktu :

– Pas de possibilité de se repérer dans les différentes rubriques (ni chemin de fer, ni retour au menu principal)

– Pas de cible ni de concept bien défini : les rubriques du magazines s’adressent soit à des 3-5 ans, soit à des 7-10 ans… soit à leurs parents.

 

Mise en jachère

Reprendre sur le temps
d’imaginer le vide

Épanouir l’intuition
d’un rythme reposé.

 

Chers amis et lecteurs,
Sans suivre l’exemple radical de Thierry Crouzet, débranché pendant six mois des réseaux, j’ai décidé de ne plus publier de poèmes sur ce site pendant quelques temps (jours, semaines ?) afin d’aboutir mon second recueil. De plonger dans son rythme, de parfaire sa structure et pouvoir ressentir ses nouvelles pulsations avant de vous l’offrir. Un temps sans connexions, pour se rejoindre, intime. Durant cette petite pause, les commentaires restent ouverts et je ne serai jamais bien loin ;-) À très bientôt pour de nouvelles lectures,

Stéphane Bataillon

Ce soir, levé de rideau !

VENDREDI 8 AVRIL 2011, THÉÂTRE LE VENT SE LÈVE, 19h
À l’occasion de son nouveau spectacle, la séparation des songes, la cie Jeunes Plumes & compagnie consacre un « levé de rideau » à mon recueil Où nos ombres s’épousent, parrainé par la compagnie (lecture de poèmes avec Gersende Michel et musiques de Christophe Rosenberg), et aux éditions Bruno Doucey, avec notamment une lecture de notre ami François-Xavier Maigre, qui lira quelques poèmes de son beau recueil à paraître fin 2011 dans la collection “Jeunes Plumes”.
Le Vent se lève (181, av Jean Jaurès, 75019 Paris, Site du théâtre)